Association DAME - maternite suisse elne

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Association DAME

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Historique de l’association D.A.M.E

 
Association des Descendants et Amis de la Maternité d'Elne 



Depuis sa création en 2006, l'association DAME a pour vocation de rassembler les descendants et amis de la Maternité d'ELNE, de promouvoir son histoire au travers de l'accueil de groupes de personnes sensibilisées par le lieux et enfin d'optimiser la Maternité dans la réalisation d'action à caractère social. Il faut savoir fermer les yeux, oublier le château d’aujourd’hui, ses splendides verrières, son ameublement cosy et sa piscine. Puis se projeter dans le passé et écouter, pièce après pièce, la voix de François Charpentier, le maître des lieux. Magie d’un instant. Soudain, nous sommes au beau milieu des heures sombres de 1939. " En bas, explique le propriétaire, il y avait une salle de réunion et une salle d’attente avec des bancs pour les familles. Il n’était pas rare qu’une Espagnole donne le sein à un enfant juif. Au premier étage, se trouve la salle où les gosses naissaient. Et là, dans la pièce de gauche, il y avait vingt-deux petits lits pour les nouveau-nés. Au second, se trouvaient les chambres des infirmières et celle d’Élisabeth, juste à côté de l’unique téléphone. " On entre dans les pièces sur la pointe des pieds, en silence. Le maire d’Elne, Nicolas Garcia, souffle : " La première fois que je suis entré ici, il m’a semblé entendre les gamins. "
François Charpentier n’était pas né durant cette période. Élisabeth elle-même lui a tout dit, tout montré lorsqu’elle est venue en personne dans la cité des Pyrénées-Orientales. À quatre-vingt-treize ans, la vieille dame se souvenait du moindre recoin de la bâtisse. Elle n’avait pas perdu la mémoire alors que pendant des décennies les gens d’ici, parfois même ceux qui y sont nés, ont détourné leur regard d’un château devenu peu à peu une ruine sans nom. " Parfois, précise Nicolas Garcia, on parle de " mémoire collective ". Dans le cas présent, l’expression " oubli collectif " est plus appropriée. "



François Charpentier


Maître verrier, François Charpentier a eu le coup de foudre pour des murs éventrés et le petit parc. Il a acheté le tout pour une bouchée de pain, beaucoup renonçant devant l’ampleur des travaux. Charpentier, normand d’origine, connaissait " un peu " l’histoire de ce lieu hors du communique l’on appelle souvent " la maternité suisse d’Elne ". Travaillant sans relâche, cet artiste a rendu au château d’En Bardou son allure d’antan. Mais aussi son âme.


Il ne se pose pas la question de savoir ce que d’autres auraient fait à sa place. Charpentier est " un enfant de 1968 ", un peu anar, qui n’a toujours pas digéré l’accueil des Français à ces centaines de milliers d’Espagnols qui fuyaient le franquisme lors de la " Retirada ". " C’est aussi pour cela que je me suis engagé, pour que revive la maternité. Pour qu’on n’oublie pas que l’on traitait ces gens de " bandits " et de " rouges ". " Et puis, dit-il encore, " nous sommes nés sur les ruines de la guerre ". Sa femme Christiane ne dira pas le contraire. Sa mère, russe, a survécu à Staline puis au camp de concentration de Dachau, gagnant notre pays grâce à un soldat français qui l’avait cachée dans un char. Chez les Charpentier, on ne rigole pas avec l’histoire.   
Une association voit donc le jour, baptisée Helen’Arts, regroupant le propriétaire, qui se définit désormais comme " temporaire ", et les personnes qui y sont nées. Elle milite pour la transformation du château en lieu de mémoire. Charpentier rencontre le nouveau maire communiste de la ville, Nicolas Garcia. " François m’a annoncé son souhait de quitter les lieux, se rappelle ce dernier. Je ne veux pas qu’un millionnaire français ou étranger achète ce lieu. Notre responsabilité à tous, commune, département, région, État, Europe, c’est de conserver cet endroit intact pour les générations futures et de créer un lieu digne du courage d’Élisabeth. " Ensemble, mairie et association mettent sur pied un projet. Une partie musée, sur 200 mètres carrés, retraçant l’histoire de la maternité suisse d’Elne, et dans les étages, une grande place pour le présent et hélas certainement l’avenir, avec l’aménagement d’une structure d’accueil pour les familles monoparentales victimes de la guerre ou de l’exil. " Exactement ce qu’a fait Élisabeth voilà plus de soixante ans ", argumente Nicolas Garcia. Les deux hommes sont partis avec leur bâton de pèlerin, ils ont rencontré des associations comme la Fondation de la mémoire de la Shoah, écrit aux institutions, interpellé les grandes villes européennes, et enfin, lancé une souscription publique (1) puisque cette commune de 7 000 habitants ne peut bien évidemment pas réunir les trois millions d’euros - achat compris - nécessaires pour mener à bien ce projet.
En Suisse, ils ont défendu leur projet devant la Croix-Rouge qui, ironie de l’histoire, avait à l’époque blâmé Élisabeth pour son action, l’enjoignant à démissionner puisque, règlement à l’appui, elle ne respectait pas les lois en vigueur en France établies par Vichy. A Elne, elle a reçu la médaille des Justes parmi les Justes. Dans l’assistance, des gamins nés dans ses mains, devenus des hommes. Grâce à l’action de François Charpentier et de Nicolas Garcia, la preuve est faite que l’histoire peut remettre les pendules à l’heure. Tôt ou tard.









 
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